BIOGRAPHIE

 

 

Ed Hamilton est né le 14 février 1947, à Cincinnati, dans l'Ohio. Il a passé son enfance à Louisville, dans le Kentucky. Après avoir obtenu un diplôme en arts plastiques à l'Art Center School de Louisville, il a enseigné la sculpture et la céramique dans un lycée de la ville (Iroquois High School).

En 1973, Barney Bright, sculpteur célèbre qui venait de terminer des études à l'Université de Louisville et à l'University Spalding, de Louisville aussi, proposa à Ed Hamilton, alors âgé de 26 ans, de collaborer avec lui. C'est ainsi que, tout en continuant à pratiquer différents métiers pour nourrir sa famille, Ed Hamilton démarra sa carrière.

En 1978, aidé par des personnalités locales, Ed Hamilton acheta un bâtiment dans lequel il établit son premier atelier. L'année 1983 représenta un tournant décisif dans sa carrière, quand Hampton University lui commanda une statue représentant Booker T. Washington, le fameux professeur noir américain, spécialiste de l'éducation. Par la suite, la ville de Détroit, dans le Michigan, lui demanda de sculpter un monument en l'honneur de Joe Louis, le champion de boxe poids lourds. Depuis lors, Ed Hamilton vit de son art.

C'est au travers de deux oeuvres en particulier que Hamilton s'est imposé comme l'un des sculpteurs noirs américains contemporains les plus remarquables. En 1995, il a dévoilé lui-même The Amistad Memorial, l'imposante statue consacrée à l'épopée de l'Amistad qu'il a réalisée. Commandité par The Amistad Committee, de New Haven dans le Connecticut, ce monument, constitué d'un bas-relief à trois faces, relate l'histoire de Joseph Cinque, depuis son enlèvement en Afrique, son procès aux Etats-Unis, jusqu'à son retour triomphal dans son pays natal. Par la suite, Hamilton a été choisi parmi quatre sculpteurs américains reconnus au plan national pour créer The Spirit of Freedom, le monument consacré aux 200.000 soldats noirs ayant participé à la Guerre de Sécession (Spirit of Freedom : African American Civil War Memorial). Ce monument a été érigé en 1998 dans la capitale américaine, Washington, à l'angle de la 10e rue et de la rue U, au nord-ouest de la ville.

En 1998, Hamilton a réalisé la statue grandeur nature de Whitney M. Young Jr., sur le campus de la Kentucky State University, à Frankfort, la capitale de l'état du Kentucky.

Ed Hamilton a aussi sculpté un buste grandeur nature à la mémoire de Medgar Evers, ardent défenseur des droits de l'homme.

Au cours des deux dernières décennies, Ed Hamilton a réalisé neuf projets d'importance majeure et a obtenu de nombreuses récompenses, parmi lesquelles le Kentucky Governor's Award en 1997. Il avait auparavant reçu, en 1990, le Black Achiever's Award , qui récompense chaque année un Noir américain ayant particulièrement brillé dans son domaine, le Who's Who Among African Americans Award, ainsi que The Outstanding Young Men in America Award.

Bien avant d'être officiellement choisi pour être le sculpteur du monument dédié à la mémoire des soldats noirs de la Guerre de Sécession, Ed Hamilton avait l'œuvre à l'esprit. Il avait compulsé de nombreux volumes et examiné de nombreuses photos, pour reconstituer les uniformes et l'armement de l'époque dans leurs moindres détails. Mais il avait surtout lu les lettres, les poèmes, et les journaux intimes des soldats noirs dont la vie avait été bouleversée par ces quatre années si importantes dans l'histoire américaine.

Dans le cadre du projet de sculpture maintenant intitulé The Spirit of Freedom ("l'Esprit de Liberté"), Ed Hamilton pensa tout d'abord à ériger une colonne de soldats. Mais l'étude du site où allait s'élever le mémorial et sa prise de conscience de l'importance de la contribution des soldats noirs dans la guerre l'amenèrent à élaborer un projet plus représentatif de la réalité. Il a dit que ce qui le frappa d'emblée dès le début de ses recherches, fut le fait qu'il existait très peu de photographies de la guerre. Il y avait, bien sûr, des photos de soldats, mais seulement dans trois poses : debout, assis ou morts. On n'avait pas pensé à faire des photos des hommes en action, au cours des batailles, ou bien il n'avait pas été possible d'en faire. Ed Hamilton eut le sentiment que cette absence d'images allait limiter sa capacité artistique à recréer l'environnement de la guerre.

La décision prise par Ed Hamilton de créer une sculpture semi-circulaire fut motivée au départ par l'architecture du site où le mémorial devait être établi. En examinant les plans directeurs du site, il remarqua qu'il présentait des murs circulaires, tandis que l'espace consacré à la sculpture était carré. Ed Hamilton a dit qu'il avait alors eu l'impression qu'il allait lui falloir "enfoncer une cheville carrée dans un trou rond". Il prit donc la décision de créer une œuvre qui soit plus en harmonie avec le lieu.

Il conçut un deuxième projet, comportant un mur semi-circulaire. Dans cette nouvelle version, six soldats, parmi lesquels deux marins, étaient disposés le long du mur extérieur du demi-cercle. Le mur intérieur avait été laissé nu, pour exprimer l'impression de vide énorme ressentie par les soldats entrant en guerre. Comme il le fit au cours de l'élaboration d'autres oeuvres, Ed Hamilton demanda à sa famille et à ses amis ce qu'ils pensaient du projet.

Les réactions furent largement favorables au projet. Ed Hamilton avait alors réduit le nombre de soldats à quatre. Mais chacun s'accorda à dire qu'il fallait utiliser l'espace intérieur du demi-cercle pour ajouter des éléments historiques. Ed Hamilton raconte qu'il pensa alors à des commentaires émis auparavant par un membre du comité de sélection, un prêtre, qui souhaitait qu'un hommage aux familles des soldats soit ajouté au mémorial. C'est ainsi que le groupe familial fut ajouté à l'intérieur du cercle. Ceci nécessita de nombreuses heures d'étude et de travail de sculpture, mais le résultat fut à la hauteur de l'effort. Les images puissantes du père, de la mère, de la grand-mère et des enfants témoignent de façon poignante du fait que les soldats noirs de la Guerre de Sécession combattirent avant tout pour protéger leurs familles, et garantir leur avenir.

Curieusement, l'esprit même de The Spirit of Freedom ne figurait pas dans les projets initiaux. Lorsque la partie représentant les soldats fut terminée, Ed Hamilton se rendit compte que l'espace situé au-dessus des personnages était trop dépouillé. C'est une conversation avec son pasteur protestant qui le conduisit à ajouter le visage, les bras et les ailes qui constituent la partie symbolique du mémorial. Ed Hamilton a dit : "J'ai discuté de la nature spirituelle de l'œuvre avec mon pasteur, du fait que dans la sculpture elle-même les soldats ont leur famille derrière eux, au sens littéral du terme, et qu'ils ont affronté de plein gré un sort aussi incertain que celui qui fut le leur pour leurs familles... Sans que j'en aie vraiment conscience, cet esprit, ce "protecteur", a pris forme en moi. Plus tard, mon pasteur a fait référence au Psaume 91 qui dit : "Il te couvrira de ses plumes, et sous ses ailes, tu te sentiras rassuré".

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